Convention Citoyenne sur le climat, vague verte aux municipales, Covid-19 : comment répondre aux problèmes de déplacement et de stationnement dans les centres villes ?

Les entreprises du bâtiment rencontrent très souvent des difficultés d’accès à leurs chantiers et de stationnement, notamment dans les centres villes. Une situation loin d’être nouvelle mais de plus en plus courante. Aujourd’hui, de plus en plus de municipalités mettent en place des mesures afin de réduire la place des véhicules en ville. Un sujet souvent à la une de l’actualité ces dernières semaines avec la Convention Citoyenne sur le Climat ou encore de la vague verte lors des dernières municipales, sans oublier l’impact de la crise sanitaire avec les fameuses coronapistes qui se pérennisent. Face à ces préoccupations vitales pour nos entreprises la CAPEB s’empare de la question !

 

Un accès aux centres villes déjà difficile, notamment dans les zones à circulation restreinte.

 

Certaines municipalités, confrontées à des problèmes fréquents de pollution, ont mis en place des zones à circulation restreinte en s’appuyant sur les certificats Crit’Air. Or de nombreuses entreprises possèdent des utilitaires légers immatriculés avant le 1er janvier 1997 ou plus récents mais antérieurs au 1er janvier 2001.

 

La CAPEB demande aux municipalités de faire preuve de tolérance pour les artisans réparateurs d’urgence en permettant :

  • L’arrêt des véhicules pour déposer et reprendre le matériel, dans les couloirs de bus dans le sens de la circulation, selon la réglementation en vigueur sur les livraisons.
  • Le stationnement des véhicules :

sur les zones de livraison, pendant la durée nécessaire à la réparation et aux horaires autorisés ;

sur les emplacements payants pendant la durée nécessaire à la réparation moyennant le paiement d’une tarification dédiée aux professionnels mobiles ;

sur les emplacements payants selon un régime de forfait annuel (avec un stationnement limité à deux heures avec affichage du disque).

  • Une problématique de plus en plus présente y compris dans les villes moyennes 

 

Aujourd’hui, de plus en plus de municipalités veulent limiter la place de la voiture en ville. Dans les grandes lignes, il s’agit de réduire les émissions des gaz à effet de serre, d’aider à la transition vers un parc automobile plus propre en renforçant la réglementation des véhicules, d’agir pour mieux organiser les déplacements avec toutes les parties prenantes au niveau local (municipalité, intercommunalité…).

 

Récemment, la Convention Citoyenne sur le Climat a émis différentes propositions afin d’accélérer la transition écologique dont un certain nombre concerne directement les déplacements et l’accès aux centres villes. Dans le même temps, les élections municipales du printemps ont vu le succès des listes écologiques conduites par Europe Ecologie-Les Verts (EELV) avec une vague verte sans précédent qui a déferlé sur les grandes villes françaises telles Lyon, Bordeaux, Strasbourg, et plusieurs grandes métropoles régionales comme Poitiers, Besançon ou Grenoble…

 

  1. Quelle est la position de la CAPEB ?

La CAPEB est consciente de toutes ses problématiques mais elle tient à rappeler les caractéristiques des déplacements des artisans du bâtiment. 

Les pouvoirs publics ne doivent pas oublier que les déplacements des artisans se font dans le cadre professionnel pour se rendre sur les chantiers, en fonction d’un planning de travaux validé avec les clients. La durée des chantiers et des personnels impliqués est très variable. 

Sur le terrain, les chantiers engendrent des aléas qui provoquent parfois des déplacements non prévus. L’approvisionnement du chantier en matériaux (lourds et volumineux) est aussi une contrainte supplémentaire à intégrer à la problématique des déplacements. Enfin, l’activité même d’entretien et de dépannage implique pour l’entreprise d’avoir un véhicule avec les matériels adéquats.  La question des déplacements est complexe pour l’entreprise artisanale et ne peut se faire autrement que de manière motorisée. 

Pour toutes ces considérations, la CAPEB demande de la souplesse et de l’intelligence collective afin de ne pas pénaliser les entreprises artisanales.

 

  1. Zoom sur les propositions de la CAPEB
  • Accompagner les entreprises vers des véhicules moins polluants avec la mise en place d’un système d’aide adapté et incitatif. 
  • Ne pas privilégier une seule énergie (par exemple : énergie électrique avec batterie lithium), mais différentes énergies répondant, par exemple, à la taille des véhicules utilisés. 
  • Encourager les livraisons de matériaux directement sur le chantier en optimisant les livraisons pour les entreprises qui le souhaitent, et en lien avec les négoces,
  • Encourager les formations à l’éco-conduite pour réduire les émissions de GES. 
  • En matière d’anticipation et d’organisation des déplacements, accompagner les entreprises vers une optimisation de l’utilisation des véhicules et des déplacements sur les chantiers (formation sur ce sujet, logiciel ad hoc…), en gardant en tête la question de l’aléa du chantier. 
  • Valoriser les actions en la matière sous l’angle de la réduction des GES et d’une meilleure organisation de l’entreprise.